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    OINOUSSA, l'île des armateurs
                                                   par Sabine

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    Oinousses

    La belle histoire d’Oinoussa

    Il était une fois, une petite île coincée entre sa grande sœur Chios et la côte turque toute proche. Habitée par des gens de la terre, cultivateurs et éleveurs qui la taillèrent en terrasses, cette île, comme beaucoup d’autres, connu les heures sombres de la révolution de 1821, l’occupation turque et ses lourdes taxes et les jours difficiles de l’indépendance. Toutes ces difficultés amenèrent les hommes du pays à se tourner vers la mer pour subvenir à leurs besoins. Les premiers bateaux de pêche firent place à des embarcations de transport plus grandes. Le sens du commerce et l’expérience grandissante de la mer firent prospérer ces entreprises familiales de transport maritime. Les marins d’Oinoussa furent d’abord capitaine d’une unité puis transmirent toute une flottille à leur descendance.  Oinoussa a donné naissance aux plus grands et fortunés  capitaines et armateurs du commerce maritime qui règnent aujourd’hui sur 75% de la flotte marchande mondiale !
     Les plus connus  se nomment Costa Lemos, Pateras ou encore Laimos. Ils ont depuis longtemps quitté leur terre d’origine pour établir leurs quartiers généraux dans les grands centres maritimes de Londres et New York mais n’en ont pas pour autant oublié leur île.

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    Ils y ont restauré ou construit de belles demeures pour y passer l’été et ont largement contribué à l’aménagement du port, d’un front de mer magnifique, de routes, de la place de l’église, du fonctionnement de l’académie navale qui forme les futurs capitaines de leurs flottes et peut-être de futurs armateurs et du superbe musée maritime.

    C’est en quête de témoignages de cette histoire que nous décidons de nous arrêter quelques jours sur cette toute petite île. La sirène à l’entrée du port de Mandraki accueille les marins, le port est quasiment vide en ce début de saison, mais la terrasse de l’unique bistrot est bien remplie. Qu’à cela ne tienne, un ouzo  une bière et un mezzé pour se mettre dans l’ « Oinoussian Spirit », pour admirer la beauté de l’endroit et la colonie d’oiseaux de mer installée sur le chapelet d’îlots qui ferment le port. Sur le front de mer, aménagé à la façon « promenade des Anglais » plusieurs statues commémorent les enfants du pays devenus rois de l’armement maritime. Le musée de la marine ouvre ses portes tous les matins et nous sommes accueillis par le débonnaire Costas Lignos qui nous parle volontiers de la tradition marine de l’île, de son passé de capitaine avant de nous faire découvrir les superbes collections de maquettes de navires de commerce de toutes les époques et d’une collection surprenante de maquettes de vaisseaux du 18eS et 19eS construite en Angleterre par les prisonniers français des guerres Napoléoniennes.

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    La suite logique de notre investigation nous mène à l’Académie de marine, grand bâtiment à l’extrémité du port, où une centaine d’étudiants présentent une session d’examen. Nous sommes reçus par le Commandant qui nous renseigne sur le cursus académique et les stages sur navire qui forment les futurs capitaines de marine marchande.

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    Cette petite île de 500 âmes, la plus riche de Grèce, vit toujours de la mer et pour la mer au rythme du ferry qui la relie 2 fois par jour à Chios en portant fièrement son histoire glorieuse de grands armateurs grecs.