• Eubée ou Evia

     

    EUBEE, Ou : EVIA, EVOIA, EUBOEA, EURIPOS,…

                                                                                        Par Sabine


    Cliquez sur les photos pour les agrandir.

    Choisissez le nom qui  convient le mieux à cette belle et grande île, la 2e par sa superficie après la Crète.

    Eubée ou Evia

    Toute en longueur, elle s’étend du golfe de Volos, tout le long du continent, dont elle est séparée par un chenal très étroit à certains endroits (les « stenon ») et plus large à d’autres endroits (les « kolpos » ou golfes).

    Elle offre à elle seule toute la palette des paysages égéens : de vastes étendues de pins, d’eucalyptus et de lauriers ainsi que des plaines fertiles bordées de peupliers et de platanes ; des forêts de sapins, de chênes et de marronniers sur les pentes montagneuses du centre et des paysages plus arides au sud. Elle compte plusieurs monts atteignant les 1400 m d’altitude. Partout de belles plages de sable ou de galets, aménagées ou désertes en font le paradis du farniente. Son seul inconvénient : elle est tellement étendue qu’il faut faire environ 400 km pour la visiter entièrement par la route.

    Eubée ou Evia Eubée ou Evia

    Nous décidons donc d’attaquer le morceau par la face nord et amarrons Idemo, surnommé « Momo », au petit port d’Orei. Cette petite station balnéaire n’a rien d’exceptionnel, si ce n’est un port bien abrité et un magnifique taureau de marbre grandeur nature datant du 5e S av. J-C. Cette sculpture fut remontée des fonds  par les pêcheurs du coin et est exposée sur la place centrale.

    Eubée ou Evia

    Il y fait une chaleur d’enfer, il n’y a pas un souffle d’air et nous avons une envie irrépressible de fraîcheur, de montagne et de verdure. Nous louons le dernier engin motorisé disponible en ce WE de 15 août et c’est dans une petite auto rouge que nous roulons vers les plages de la côte Est battue généralement par les vents fous du meltem, mais étrangement calme en cette période de canicule. Une petite halte à Prokopi qui voit défiler des centaines de pèlerins venus vénérer la dépouille de St Jean le Russe exposée à l’église du village.
    En tant qu’ex-paysagiste, René voulait à tout prix s’arrêter près de la rivière Kirea où, après une courte marche, nous découvrons le plus vieil arbre de Grèce, un vénérable platane dont l’âge est estimé à plus de 2.000 ans !

    Eubée ou Evia


    Nous nous remettons en route vers le
    mont Dirfys ou nous trouvons à loger à Steni dans un hôtel très cosy tout à fait aménagé pour les soirées d’hiver au coin de l’âtre, eh oui, il neige ici en hiver ! Nous trouvons la fraîcheur tant recherchée à l’ombre de platanes gigantesques de ce petit village de montagne très typique et très animé puisque nous ne sommes pas les seuls à avoir trop chaud. Nous découvrons des paysages magnifiques, des flancs de montagne très boisés, des gorges étroites où jaillissent des cascades et des cultures de fruits et légumes qui se déploient jusqu’à la mer.

    Eubée ou Evia

    Eubée ou Evia

     La suite de notre périple nous mène au petit port pittoresque de Limni qui fut menacé par un vaste incendie des collines environnantes. La population a dû être évacuée mais heureusement les ruelles fleuries du village ont été épargnées.

    Eubée ou Evia

    Après nous être bien rafraîchit à la montagne, nous sommes prêts pour les sources thermales de Loutra Adipsou. Déjà renommée dans l’Antiquité pour ses eaux sulfureuses, Loutra Adipsou est la plus grande ville thermale du pays. L’eau jaillit dans toute la cité et a des résurgences dans la mer. De nombreux hôtels offrent des cures mais nous optons pour les thermes municipaux moins onéreux et plus authentiques. Et, en terme d’authenticité, nous allons être gâtés ! Le bâtiment datant des années 50 a dû être inspiré par l’architecture soviétique et n’a pas été vraiment modernisé. Nous avons droit à une visite des lieux pour choisir au mieux le traitement à l’eau sulfureuse chaude : piscine extérieure ou intérieure, bain bulle individuel ou massage. Nous optons pour le bain bulle individuel mais avant tout un passage chez le docteur s’impose pour obtenir l’admission en salle de bains bulle, tenue de main de maître par une surveillante en tablier blanc. René se voit attribué un bain d’un côté de la salle et moi de l’autre côté, on n’est pas là pour rigoler ! Une eau brunâtre emplit lentement la baignoire et les mégabulles se mettent en action. Après avoir dominé le fou rire, on commence à se relaxer et au bout des 20 min de traitement nous sommes complètement ramollos et calmés.

    Eubée ou Evia

    Eubée ou Evia Eubée ou Evia

    Nous reprenons possession de « Momo » pour la suite de la découverte d’Eubée qui va nous faire passer par l’inévitable pont de Chalcis.  C’est l’endroit le plus étroit entre Eubée et le continent. Le rétrécissement est tellement important que le courant peut atteindre 6 noeuds (+/-11 km/h). Le pont qui enjambe le canal de l’Euripe coulisse chaque nuit sous la route en fonction des heures d’étale.

    Eubée ou Evia Eubée ou Evia

    Nous arrivons un jour avant la pleine lune càd à un moment ou le courant est assez fort. René réussi une manœuvre d’amarrage d’anthologie au quai du front de mer, dans le genre dérapage contrôlé avec un 16 tonnes. Nous nous signalons aux autorités du port, payons le droit de passage et sommes en standby à partir de 21h pour ne passer qu’à 3 h du matin.   Aucun problème pour rester éveillés, le front de mer connaît une animation étourdissante et une cacophonie assourdissante jusqu’aux petites heures. Chalcis est une ville moderne, commerçante et trépidante mais on peut trouver le calme de l’autre côté du pont dans le parc qui monte jusqu’au Kastro. L’ancienne forteresse vénitienne vaut la balade pour profiter des belles vues sur la ville et de la visite du musée archéologique à entrée libre.

    Eubée ou Evia Eubée ou Evia

    La partie sud d’Eubée est  nettement plus soumise aux caprices du meltem et la météo peu optimiste des jours à venir nous pousse à trouver un abri pour quelques jours de vent fort. Nous optons pour le port de Karistos tout au sud. Grave erreur !! C’est le genre de port dont on dit que l’on sait quand on y entre mais on ne se sait pas quand on en sort ! Nous y sommes restés bloqués 6 jours. Certes un coup de meltem était prévu mais ce qui n’était pas prévu était l’accélération du vent provoquée par le mont Ochi, qui se traduit par : le mont Non (signifiant sans doute : non, tu ne passeras pas). Le bateau, amarré par toutes les amarres et ressorts dont nous disposions, a enduré des rafales supérieures à 50 nœuds et des coups de gîte spectaculaires mais il a tenu !

    Eubée ou Evia

    Eubée ou Evia

    Nous par contre, nous avons eu un peu plus de mal ! Malgré un vent prêt à nous balayer, nous avons tenté une randonnée vers Milli, petit village sur les hauteurs de Karistos ou se dresse le Castel Rosso, un château vénitien dont les fondations byzantines datent de 1030.

    Eubée ou Evia Eubée ou Evia

    Nous nous sommes également réfugiés au pied du Bourtzi, une tour vénitienne construite au milieu du XIIIe siècle, qui domine le port. Elle accueille régulièrement des expositions de tableaux, de bijoux, d’œuvres d’artisans locaux...

    Eubée ou Evia

    La région qui tente de s’ouvrir au tourisme est surtout connue pour ses énormes carrières d'extraction de pierres vertes, grises ou noires qui ont la faculté d' être facilement débitable en dalles de 1 à 3 cm d'épaisseur parfaites pour les carrelages. Elles sont exportées dans toute la Grèce.
    Heureusement nous y avons rencontré une joyeuse troupe d’amis qui font partie d’une association françaises de danses grecques et qui nous a fait oublier les désagréments de « l’œil du diable », le surnom de Karystos. Ils nous ont, entre autre, fait découvrir un excellent petit resto caché dans une ruelle bien à l’abri du vent: la « 
    Cavo d’Oro ».  D’un rapport qualité/prix imbattable, c’est un peu devenu notre cantine. Nous vous le recommandons vivement.

    Eubée ou Evia

    Eubée vaut la peine d’être découverte en prenant vraiment le temps, d’abord parce qu’elle est immense ensuite parce qu’elle offre une multitude de paysages, de villages et d’activités différentes. C’est une île encore très authentique bizarrement à l’abri du tourisme de masse. Elle est pourtant facilement accessible depuis le continent mais ce sont surtout les grecs qui y viennent en vacances.